Centre du riz pour l'Afrique
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ADRAO Actualités

Cotonou, Benin
23 Août 2005

L’agriculture prend les devants dans la lutte contre le VIH/SIDA 
en Afrique subsaharienne: Lancement du réseau multisectoriel

Un réseau multisectoriel, où l’agriculture va jouer un rôle leader dans la réduction des effets du VIH/SIDA sur les communautés paysannes en Afrique subsaharienne, a été lancé sous l’égide de l’Initiative à l’échelle du Système du GCRAI sur le VIH/SIDA et l’agriculture (SWIHA), qu’abrite le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO). 

« Ce réseau, baptisé Réseau africain sur le VIH/SIDA et l’agriculture (ANEHA), servira d’interface non seulement entre le VIH/SIDA et l’agriculture, mais inclura aussi des aspects interdépendants de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la santé et de la politique », a déclaré Dr Kanayo F. Nwanze, Directeur général de l’ADRAO.

« Il va se focaliser sur toutes les régions d’Afrique subsaharienne, y compris l’Afrique de l’Ouest, négligée par la plupart des initiatives existantes sur le VIH/SIDA qui se sont concentrées sur l’Afrique orientale et australe », a-t-il ajouté. 

ANEHA a été formé en réponse à la demande unanime des participants au récent atelier organisé par l’ADRAO sur le thème ‘Atelier régional sur le VIH/SIDA et l’agriculture : implications pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre’. Les participants ont exhorté l’ADRAO à abriter un réseau à l’échelle de l’Afrique subsaharienne afin de continuer sur la lancée de l’atelier. 

« ANEHA sera un mécanisme de collaboration efficace pour la mise en œuvre des activités des trois thèmes de priorité identifiés par les participants à l’atelier dans le cadre d’une stratégie intégrée développée pour répondre à la pandémie du VIH/SIDA dans le secteur de l’agriculture », a déclaré Mme Annmarie Kormawa, Coordinatrice par intérim de ANEHA. 

Les trois thèmes prioritaires sont : 1. Diversification des systèmes des moyens d’existence des communautés paysannes ; 2. Nutrition et diversification alimentaire ; et 3. Plaidoyer et sensibilisation sur le VIH/SIDA. Des activités sous ces thèmes ont été planifiées pour être exécutées dans un délai précis, avec des résultats et des indicateurs intermédiaires attendus. 

L’accent a été mis sur l’établissement des partenariats à différents niveaux avec une vaste gamme d’acteurs, y compris ceux impliqués dans les initiatives actuelles sur le VIH/SIDA, comme l’une des stratégies majeures pour mener les activités des trois thèmes. 

Premier du genre dans la sous-région, cet atelier a réuni plus de 75 experts représentant les organisations nationales, régionales, internationales, non gouvernementales et des donateurs, impliquées dans différentes disciplines avec pour thème le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne : R&D agricoles, santé, nutrition, vulgarisation, sociologie, genre et politique. 

L’atelier a mis en exergue le fait que, en tant que principal employeur en Afrique subsaharienne, l’agriculture est particulièrement affectée par la pandémie du VIH/SIDA. Environ 70% des africains au sud du Sahara – et environ 90% des pauvres – travaillent dans l’agriculture. Le VIH/SIDA décime les producteurs d’aliments de la région, en frappant ceux qui sont moins équipés pour faire face à ses conséquences. La pandémie est devenue aussi bien un facteur déterminant de l’insécurité alimentaire qu’une conséquence de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. 

Dr Mamadou Diallo du Programme des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA)-Côte d’Ivoire, a prononcé le discours programme de l’atelier en déclarant que l’agriculture est surtout non mécanisée en Afrique subsaharienne. Avec la réduction de la main-d’œuvre agricole dans les communautés affectées par le VIH/SIDA, il ne reste souvent que les vieux et les enfants pour s’occuper de l’agriculture. En conséquence, les surfaces cultivées diminuent, les paysans adoptent les cultures plus faciles à pratiquer, la connaissance et les compétences traditionnelles des paysans se perdent, les périodes culturales sont ratées, et la production et les revenus des paysans baissent. 

« Le secteur agricole a un grand potentiel pour aider à réduire l’impact du VIH/SIDA sur les paysans. Par exemple, les percées comme les variétés du Nouveau riz pour l’Afrique (NERICA) ont des rendements améliorés et sont moins sensibles aux stress locaux de sorte que la contrainte de la main-d’œuvre est allégée », a déclaré Dr Nwanze.

L’atelier a été organisé avec le soutien du fonds canadien pour l’Afrique de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Les organisations représentées ont inclus: ONUSIDA, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF/WECARD), Agence des États-Unis pour le développement international (USAID-WARP), CAB International (CABI), CARE International et Programme genre et diversité du GCRAI.

Des participants venus de plusieurs centres du GCRAI y ont aussi participé : Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), Institut international d’agriculture tropicale (IITA), Centro Internacional de Agricultura Tropical (CIAT), International Plant Genetic Resources Institute (IPGRI) et ADRAO.

En souhaitant plein succès au réseau, Dr Nwanze a déclaré, « Nous sommes confiants que ANEHA, qui a émergé d’une vision partagée et d’un engagement d’acteurs multidisciplinaires, sera en première ligne dans la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne où l’agriculture est la principale source de moyens d’existence pour la majorité de la population. »

Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO)

Le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) est une association de recherche inter-gouvernementale autonome composée d’états africains. L’ADRAO est aussi l’un des 15 centres internationaux de recherche agricole soutenus par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

La mission de l’ADRAO est de contribuer à l’allègement de la pauvreté et à la sécurité alimentaire en Afrique à travers des activités de recherche, développement et partenariat visant à améliorer la productivité et la rentabilité du secteur rizicole tout en veillant à la durabilité du milieu de production.

L’ADRAO abrite l’Initiative africaine pour le riz (ARI), le Réseau ouest et centre africain du riz (ROCARIZ) et le Consortium bas-fond (CBF). Elle apporte aussi son appui à l’Unité de Coordination du Réseau riz pour l’Afrique orientale et centrale (ECARRN), basé en Tanzanie.

A cause de la crise ivoirienne, l’ADRAO a délocalisé son siège de Bouaké, Côte d’Ivoire et fonctionne depuis janvier 2005 à partir de la Station de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA)-Bénin à Cotonou. L’ADRAO a des stations de recherche régionales près de Saint-Louis au Sénégal et à l’IITA à Ibadan au Nigeria. 

 


ROCARIZ vise à servir de lien entre les acteurs de la filière du riz en Afrique de l’Ouest


L’adhésion au CBF est ouverte aux pays et organisations travaillant dans le domaine du développement des bas-fonds en Afrique sub-saharienne


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