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L’ARI et la BAD se donnent la main pour
la dissémination des NERICA
En septembre 2003, un événement important pour le développement agricole en Afrique est presque passé inaperçu. La Banque africaine de développement (BAD) signait, en effet, un accord de prêt et de don de 30 millions de dollars américains pour soutenir la dissémination des NERICA dans sept pays d’Afrique de l’Ouest, pendant 5 ans.
Cet appui est un puissant témoignage de l’engagement de la BAD en faveur de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté dans la région la plus pauvre du monde. Environ 80% des bénéficiaires ciblés sont des populations rurales pauvres, essentiellement des femmes.
Le projet estime qu’environ 33.000 familles pauvres seront associées à une stratégie de Sélection variétale participative (PVS) en vue d’accélérer la dissémination des NERICA. On s’attend à ce qu’environ 400.000 ha de surfaces supplémentaires soient mises en valeur sous NERICA à l’horizon de la 5ème année du projet. Les importations de riz de ces sept pays devraient diminuer d’environ 100 millions de dollars.
L’appui de la BAD, officialisé à travers un accord avec sept pays d’Afrique de l’Ouest, est le point culminant d’un travail préparatoire de plusieurs mois mené par l’Initiative africaine sur le riz (ARI) et l’ADRAO qui abrite cette institution. La raison d’être de l’ARI est essentiellement de servir de passerelle ciblée et unique pour tous les efforts de dissémination des NERICA, des autres variétés améliorées de riz et des technologies associées à travers toute l’Afrique.
“Pour l’ARI, l’accord de la BAD est un nouvel élan de dynamisme, car il permet la mise en place d’un cadre pour une dissémination coordonnée et à grande échelle des NERICA en Afrique de l’Ouest,” indique Dr Inoussa Akintayo, coordonnateur de l’ARI. “Le projet sera mis en œuvre à travers les Unités nationales de coordination et les plates-formes ARI mises en place dans presque tous les pays sélectionnés.”
Pour une Initiative qui n’a que 2 ans, cet acquis mérite d’être mentionné. L’ARI a été conçue pour extrapoler à toute la région d’Afrique subsaharienne, le succès du projet Banque mondiale de dissémination des NERICA en Guinée. Dans ce pays, en 5 ans, les paysans ont pu, grâce aux NERICA, réaliser des gains de 65 dollars par ha, avec un minimum d’intrants et 145 dollars à un seuil modéré d’intrants.
L’ARI a été lancée par l’ADRAO en mars 2002, sous le parrainage du gouvernement du Japon, du Programme des Nations-Unies pour le développement/Coopération technique entre pays en développement (PNUD/CTPD), de la Fondation Rockefeller, de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale. Dès son démarrage, son unité de coordination a été soutenue par la Fondation Rockefeller.
Des donateurs comme la BAD et la Fondation Rockefeller adhèrent à la cause de l’ARI, parce qu’ils sont convaincus de l’immense potentiel des NERICA pour la sécurité alimentaire et l’allègement de la pauvreté en Afrique subsaharienne et de la capacité de l’ARI comme plate-forme la plus efficace pour une dissémination coordonnée des NERICA.
“Pour optimiser l’impact des NERICA, il est crucial de coordonner sa dissémination, en raison de la forte demande de semences pures et du risque de dissémination dans des milieux non-appropriés,” explique, pour sa part, Dr Kanayo F. Nwanze, Directeur général de l’ADRAO. Un effort coordonné est aussi nécessaire pour surmonter les contraintes institutionnelles, comme la faiblesse des capacités et des ressources des services de vulgarisation et des secteurs semenciers nationaux.
Ce point important a fait l’objet d’une série de réunions de haut niveau à Tokyo, en juillet et septembre 2003. Ces réunions ont été conjointement organisées par la Banque mondiale, le Japon et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Des institutions parrainant les NERICA, comme le PNUD, le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) et la BAD y ont été conviées.
“Le plan de dissémination coordonnée est clairement défini dans le document de projet de l’ARI ratifié par le Consortium NERICA, l’organe de mise en œuvre de l’Initiative,” affirme Dr Akintayo.
Le gouvernement du Japon, l’un des plus fervents supporters des NERICA envisage d’envoyer deux experts – un agronome et un spécialiste en semences – pour soutenir les activités ARI.
Comme le manque de semences est la plus grosse contrainte dans le processus de dissémination des NERICA, l’ARI se propose d’initier un effort majeur de production de semences. L’accent sera mis sur la production de semences de variétés NERICA déjà adoptées par les paysans pour faire face à la demande croissante tout comme celle des nouvelles lignées NERICA pour la PVS en vue d’accélérer leur adoption.
L’ARI va s’atteler aussi au manque de technologie de transformation du riz dans la
région.
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