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Explorer la rizipisciculture pour l’Afrique de l’Ouest
Le riz au poisson est un plat populaire en Afrique de l’Ouest. Qu’est-ce qui serait donc mieux pour un paysan que de pouvoir assurer la production du riz et du poisson en même temps?
La rizipisciculture — pratiquée avec succès, depuis des siècles, par les paysans asiatiques — est un système intégré qui privilégie la diversification des espèces et le recyclage des éléments nutritifs. Dans ce système, on produit du poisson et du riz sur la même parcelle ou sur des parcelles adjacentes et les sous-produits du système sont utilisés comme intrants dans l’une ou l’autre des composantes.
La rizipisciculture est un exemple d’Intégration irrigation-aquaculture (IIA), qui est une stratégie d’optimisation de la productivité agricole à partir de chaque goutte d’eau et d’amélioration de la durabilité des investissements en irrigation.
L’eau et les terres cultivables sont les principales ressources limitantes à travers le monde, surtout dans la zone Afrique de l’Ouest exposée à la sécheresse. Un moyen d’augmenter la productivité du sol et de l’eau serait d’intégrer efficacement l’irrigation et l’aquaculture.
Dans la rizipisciculture, par exemple, le poisson constitue une "prime" riche en protéines pour le riziculteur et en même temps un engrais pour le champ. Le poisson aide aussi à lutter contre les insectes ravageurs. Les rendements du riz augmentent, le poisson enrichit le régime alimentaire de la famille, les revenus paysans s’améliorent et les sols deviennent plus fertiles.
L’IIA aide, donc, à augmenter la productivité et la durabilité de l’eau, du sol et des resources associées tout en améliorant les revenus et le bien-être des paysans.
Conscients du potentiel de l’IIA pour la sécurité alimentaire dans les pays ouest-africains exposés à la sécheresse, la FAO et le Consortium bas-fonds (CBF) ont organisé conjointement un atelier centré sur l’IIA en Afrique de l’Ouest, en novembre 2003, à Bamako, sous les auspices du Ministère malien de l’agriculture, de l’élevage et des pêches.
Trente représentants de 10 pays ouest-africains ont pris part à l’atelier. Les personnes-ressources ont inclus : FAO, WorldFish Center, Départment pour le développement international (DFID), Université de Wageningen, Institut d’éducation sur l’eau (UNESCO-IHE), Association pisciculture et développement rural en Afrique tropicale humide (APDRA), Université de Newcastle et Comité national de la recherche agricole (CNRA).
Explorer le potentiel IIA en Afrique de l’Ouest avec l’aide d’une vaste gamme de partenaires est un exemple typique du mode d’opération du CBF, qui a été lancé, en 1993, sous forme d’Initiative du GCRAI. Le Consortium est basé à l’ADRAO et bénéficie de l’appui financier de la France, des Pays-Bas, du Common Fund for Commodities (CFC), de l’Union européenne et de l’ADRAO.
Le CBF est une plate-forme de coopération régionale pour le développement de technologies et de systèmes d’appui opérationnel en vue d’une exploitation intensive mais durable des bas-fonds d’Afrique subsaharienne. Les bas-fonds constituent un atout agricole et hydrologique important qui peut avoir une contribution significative à la sécurité alimentaire et à l’allègement de la pauvreté.
D’un groupe initial de sept pays, la participation au CBF se chiffre à 10 pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Mali, Nigeria, Sierra Leone et Togo) et des Unités nationales de coordination très actives ont été mises en place. La Gambie sera bientôt membre du Consortium.
Il comprend aussi huit institutions internationales. La participation est ouverte aux pays et organisations travaillant dans le domaine des bas-fonds en Afrique subsaharienne.
Dans le cadre de ses phases I (1994-1999) et II (2000-2004), le CBFa financé plus de 100 activités. Il a aussi entrepris des études spécifiques (système d’évaluation et de diagnostic rapide de la gestion de l’eau, rôle des femmes dans l’exploitation des bas-fonds, coûts des systèmes de gestion de l’eau, connaissances locales en matière de conservation des sols et fonctions de la végétation naturelle dans les bas-fonds).
Un des acquis majeurs du CBF a été le développement d’une méthodologie commune de caractérisation à multiples échelles. Celle-ci a été utilisée pour caractériser 18 sites-clés dans les 10 pays. Le résultat de ce travail aide à avoir une meilleure compréhension des caractéristiques et dynamiques des agro-écosystèmes de bas-fonds.
Une base de données régionale appelée Système d’information sur les bas-fonds d’Afrique de l’Ouest (WAIVIS) a été publié sous forme de CD-Rom et sur le site CBF. Elle contient toutes les données principales collectées dans les pays membres.
Dans le cadre de ses activités futures, le CBF envisage de continuer la mise à jour de WAIVIS et d’inclure des indicateurs des dynamiques des agro-écosystèmes de bas-fonds. Ceci aidera à suivre l’évolution des bas-fonds et servira d’outil d’aide à la décision. Comme la phase II arrive à son terme, des discussions ont commencé sur l’avenir du CBF et la possibilité d’une phase III.
Cette phase mettra l’accent sur l’intensification des résultats, la dissémination extensive des technologies, l’expansion du programme CBF vers l’Afrique centrale, orientale et australe et la modélisation, en particulier, le développement d’un système d’appui à la décision et d’initiatives, comme la rizipisciculture.
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