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Centre du riz pour l’Afrique


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Savitri Mohapatra, Editor
(s.mohapatra@cgiar.org)

Janvier-Mars 2004

Numéro 5

 

Le NERICA prend son envol en Ouganda

Une délégation menée par le Gouvernement japonais et accompagnée du Ministre ougandais de l’Agriculture Dr Kisamba Mugerwa, en champ NERICATrois ans après son introduction, le NERICA a pris son envol en Ouganda grâce à un partenariat réussi entre le programme national, les organisations non gouvernementales internationales, le secteur semencier privé et les paysans. Plus de 6000 hectares sont sous culture NERICA en Ouganda. 

« Lors de mon voyage en octobre 2003, j’ai été frappé par le boom du NERICA dans ce pays» a déclaré Dr Nwanze. Le NERICA est devenu tellement populaire dans certaines régions de l’Ouganda que certains paysans abandonnent même le tabac – la seconde culture de rente du pays – à son profit. L’Ouganda est bien partie pour devenir un modèle réussi dans l’adoption du NERICA en Afrique de l’Est à l’image de la Guinée pour l’Afrique de l’Ouest.

Cependant, Dr Nwanze estime que le schéma de l’adoption du NERICA en Ouganda est assez différent de celui de la Guinée. « Je pense que la 
différence réside dans la manière dont le riz est perçu ; en Ouganda, le riz est considéré comme un produit de rente plutôt qu’une culture vivrière, comme c’est le cas en Afrique de l’Ouest. Le secteur privé est donc activement engagé dans la commercialisation du NERICA (grains et semences) en Ouganda. »

Tout comme en Guinée, la dissémination du NERICA dans le pays bénéficie d’un soutien politique de haut niveau. The New Vision – un grand journal en Ouganda – a rapporté en mars 2004 sur son site web que, dans le cadre d’une importante initiative visant à réduire la pauvreté par la promotion du riz de plateau, le Président ougandais, Yoweni Museveni, a distribué des semences de NERICA aux représentants de groupements paysans de 11 districts. 

L’initiative, conduite par le Vice-président Pr. Gilbert Bukenya, aidera les paysans à vendre leurs récoltes de riz à une coopérative rizicole. Sur l’argent des ventes, il est prévu que les paysans fassent un versement initial en vue de l’acquisition de maisons à bas prix.

Le secret qui se cache derrière la popularité du NERICA en Ouganda est que les paysans, les commerçants et le gouvernement sont convaincus de sa valeur commerciale. The New Vision a cité un paysan qui a été surpris de percevoir 1,6 million de shillings ougandais (près de 850 $) pour sa première récolte de NERICA cultivé sur moins d’un hectare. « Ils m’avaient dit que j’allais gagner beaucoup d’argent mais je ne savais pas que j’allais gagner autant. J’ai encore quelques sacs à la maison pour la consommation de ma famille, » a-t-il ajouté.

« Le fait que les producteurs ougandais de semences aient adopté le NERICA signifie qu’il procure de l’argent, » a été une remarque que les 
représentants d’une délégation de haut niveau de la Banque mondiale, du Gouvernement du Japon et de l’ADRAO ont souvent entendu au cours de 
leur visite en octobre 2003, au projet NERICA à Masindi, Ouganda.

Le riz est relativement une nouvelle culture en Ouganda. Son introduction à grande échelle date des années 1960 et il est maintenant largement 
cultivé dans beaucoup de régions du pays, surtout dans les régions orientale et septentrionale. Pour satisfaire sa demande croissante, l’Ouganda importe près de 100 millions de dollars de riz par an. 

C’est en 2002 que le boom du NERICA a commencé en Ouganda lorsque NERICA 4 a été homologué après sa sélection par les chercheurs nationaux à partir des lignées améliorées envoyées de l’ADRAO. D’ailleurs, l’Ouganda est le deuxième pays africain après la Côte d’Ivoire à avoir homologué une variété NERICA.

L’Organisation pour la recherche agricole nationale (NARO) a depuis informé l’ADRAO que NERICA 4 (WAB 450-1-B-P-91-HB) a été probablement homologué sous deux noms en Ouganda : NARIC 3 et Suparica 2. Cela est dû au fait que deux groupes de chercheurs, l’un de la Compagnie semencière de NASECO et l’autre de NARO, ont indépendamment soumis la même lignée au Comité d’homologation des variétés sous différents noms. Le Comité d’homologation  est sensé résoudre cette confusion de noms.

Au cours du voyage de Dr Nwanze en Ouganda, un protocole d’accord a été signé entre l’ADRAO et NARO pour faciliter les activités conjointes de 
R&D rizicole, d’échange de matériel génétique et d’informations, et de renforcement des capacités.

Parlant de l’importance de la collaboration future entre l’ADRAO et l’Ouganda, Dr Nwanze a déclaré : « En Afrique orientale, l’Ouganda est la porte d’entrée de l’ADRAO eu égard au plan de travail complet que nous avons entamé avec le ministère de l’Agriculture, NARO, Sasakawa-Global 2000, les compagnies semencières privées et l’organisation sous régionale —l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique centrale et orientale (ASARECA), basée à Entebbe. »

 


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