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Centre du riz pour l’Afrique


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Savitri Mohapatra, Editor
(s.mohapatra@cgiar.org)

Avril-Juin 2004

Numéro 6

INGER-Afrique : révolution de la carte du riz en Afrique

Une étude d’impact réalisée par Timothy J. Dalton et Robert G. Guei dans les sept premiers pays producteurs de riz en Afrique de l’Ouest, a révélé que malgré l’investissement limité dans la recherche rizicole, environ 200 variétés de riz améliorées ont été homologuées au cours de 25 dernières années.

Dans ces pays, les variétés de riz améliorées ont généré aux producteurs environ 360 millions de $ de bénéfice en 1998. Cependant, seulement près de 5,5 millions de $ sont investis par an dans les activités régionales d’amélioration du riz.

Selon les projections de l’étude, plus de 100 variétés de riz améliorées – produits de la R&D rizicole menée dans les années 1990 et des mécanismes régionaux d’échange de matériel génétique – seraient homologuées pendant la période 2000-2004. L’on s’attend à ce que le nombre moyen de variétés homologuées passent de 7 à 30 variétés par an !

L’étude conclut que n’eussent été les efforts régionaux d’amélioration rizicole, le déficit de la balance de paiement de la région sur les importations de riz en 1998 se serait accru de 40% et la superficie rizicultivée aurait augmenté de 650.000 ha, pour maintenir la consommation à son niveau actuel.

“Ce témoignage impressionnant fait à la recherche rizicole productive du secteur privé qui a fourni régulièrement des variétés de riz améliorées à la région, est en grande partie attribuable à l’effet catalytique du Réseau international pour l’évaluation génétique du riz (INGER-Afrique),” a déclaré Dr Guei, Chef de l’Unité des ressources génétiques (URG) du Centre du riz pour l’Afrique. “Cela démontre l’efficacité de notre nouvelle approche d’échange et d’informations en matière de ressources génétiques.”

L’objectif global de INGER-Afrique est de servir de lien entre les programmes nationaux d’amélioration rizicole en Afrique et les centres internationaux, et de promouvoir la diversité génétique pour différents écosystèmes à travers les échanges, l’évaluation et l’utilisation de matériels de sélection améliorés venant de tous les coins du monde.

Par exemple, les parents du matériel génétique de riz distribué par INGER-Afrique sont originaires aussi bien des pays d’Asie, d’Amérique Latine, d’Afrique que des centres internationaux de recherche. Cela contribue à l’élargissement de la base du matériel de sélection fourni aux systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA).

“INGER-Afrique sert de conduit à double sens pour l’échange du matériel de sélection du riz entre les Centres internationaux de recherche agricole et les SNRA. Les moyens sont mis à la disposition des chercheurs des SNRA pour tester la stabilité et l’adaptabilité de leurs variétés élites dans des essais multi-locaux,” a expliqué Dr Guei.

Les activités de INGER-Afrique franchissent toutes les frontières politiques. Le Réseau facilite la distribution des semences aux pays coopérants, et ce conformément aux directives de sécurité, de quarantaine et à l’Accord de transfert de matériel de la FAO sur les échanges de matériels génétiques désignés par la FAO. Les partenaires partagent leurs variétés de riz les plus prometteuses évaluées à travers le réseau pour la performance du rendement et la résistance aux maladies, aux ravageurs et aux stress environnementaux.

Il y a 30 ans que le très réussi concept INGER a été lancé par l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) comme programme pour la collecte globale, la distribution et le test du matériel génétique du riz.

L’aile africaine de INGER a été créée en 1985 et était initialement abritée par l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) à Ibadan, Nigeria. Entre 1994 et 1996, avec l’appui de l’Administration pour le développement d’outre mer du Royaume-Uni, les activités de INGER-Afrique ont été transférées à l’ADRAO, et un nouveau mécanisme d’échange de matériel génétique a été mis en place en utilisant l’approche réussie du groupe d’action de l’ADRAO.

Au fil des ans, INGER-Afrique a été affiné pour s’adapter aux conditions africaines et mieux répondre aux besoins des SNRA. Contrairement à l’ancien INGER-Afrique, où les mêmes pépinières étaient envoyées à tous les participants, les pépinières sont maintenant adaptées pour répondre aux besoins spécifiques de chaque programme national.

A travers les activités de INGER-Afrique, les lignées de sélection NERICA sont utilisées et testées dans les programmes d’amélioration rizicoles à travers l’Afrique. En plus des variétés précédemment homologuées, beaucoup de paysans ont l’opportunité d’évaluer le nouveau matériel NERICA pour eux-mêmes à travers la méthode de Sélection variétale participative (PVS).

Avec l’arrivée de INGER-Afrique, les produits de l’ADRAO ont pu se répandre à travers le continent, au-delà de la région du mandat traditionnel de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. INGER a ainsi ouvert la voie à l’élargissement des frontières géographiques de l’ADRAO, faisant qu’elle remplit bien les critères de devenir le Centre du riz pour l’Afrique.

Couvrant 35 pays en ASS, INGER-Afrique a une plus grande couverture et revêt un plus grand intérêt que par le passé. En plus des pays de l’Afrique de l’Ouest, il facilite l’échange du matériel génétique et des informations y afférentes avec plusieurs pays d’Afrique centrale, orientale et australe comme le Burundi, le Congo Brazzaville, la République Démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Gabon, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

“Qui aurait pensé que la Namibie cultive du riz ?” s’est exclamé à haute voix Dr Guei, mettant en exergue l’augmentation incroyable du nombre de pays participants. En effet, INGER-Afrique est en train de révolutionner doucement la carte du riz en Afrique.

 


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