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Centre du riz pour l’Afrique


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Savitri Mohapatra, Editor
(s.mohapatra@cgiar.org)

Janvier-Avril 2005

Numéro 8


Plan prévisionnel de la riziculture
en Afrique sub-saharienne



Le riz est la source d’alimentation qui croît le plus rapidement en Afrique et est inextricablement lié à l’avenir du continent. La consommation du riz est rapidement en train de remplacer les gros grains traditionnels, principalement le sorgho et le mil. Des études au Burkina Faso, par exemple, ont montré que le tiers des ménages urbains les plus pauvres tire 35% de ses calories à base céréalière du riz. Les achats du riz représentent 45% de leurs dépenses en espèces sur les céréales.

La situation est similaire dans plusieurs autres états africains, démontrant du coup que la disponibilité et les prix du riz sont devenus un déterminant majeur du bien-être des segments les plus pauvres des consommateurs qui sont les plus vulnérables dans la sécurité alimentaire. Par conséquent, dans un avenir immédiat, la sécurité alimentaire de l’Afrique dépendra largement de la réalisation d’une augmentation durable de la production rizicole locale.

La stratégie de recherche qu’il faut pour relever ce défi

Le Centre du riz pour l’Afrique soutient fermement que le développement agricole en ASS exige une mutation radicale des approches traditionnelles et doit se baser sur une compréhension profonde du milieu local et des conditions socio-économiques. Son objectif est de générer des technologies qui sont adaptées au milieu africain sans modifier ce milieu pour l’adapter à la technologie. La percée du NERICA prouve que l’approche du Centre est juste.

Les NERICA se répandent très rapidement en Afrique de l’Est où le riz est considéré plus comme une denrée commerciale que culture vivrière en contraste avec l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Le secteur privé est, par conséquent, activement engagé dans la commercialisation des NERICA (grains alimentaire et secteurs semenciers).

Des variétés de NERICA pour les bas-fonds africains ont été récemment développées en association avec les partenaires nationaux du Centre. Etant donné le grand potentiel des bas-fonds en Afrique, le nouveau riz—s’il devient populaire chez les paysans comme il semble susceptible d’être le cas, à en juger par la première réaction à son égard—doit selon toute attente avoir un impact encore plus grand que les NERICA de plateaux.

Pour l’écologie du riz irrigué, des variétés améliorées ont été développées telles que Sahel 108, 201, 202, qui couvrent 80% de la vallée du Fleuve Sénégal. Sahel 108 occupe plus de 70% de la zone sous riziculture en Mauritanie où les rendements du riz ont augmenté de 2 t par ha au début des années 80 à plus de 4 t en 2000.

« La prochaine stratégie de recherche rizicole bâtira sur ces succès, se focalisant sur les trois principales écologies rizicoles », a déclaré Dr Shellemiah Keya, Directeur général adjoint, Recherche & Développement. La sélection traditionnelle des plantes et les méthodes de biotechnologies, complétées par l’informatique et la génomique, en partenariat avec les Centres internationaux et les Instituts de recherche avancés comme l’IRRI et JIRCAS, seront utilisés pour développer des variétés de riz à haut rendement, de bonne qualité, résistant à plusieurs stresses et adaptées à toutes les écologies de cultures du riz.

Des technologies complémentaires comme la gestion intégrée des cultures, les approches participatives, les instruments d’appui aux décisions et les technologies post-récoltes telles que la batteuse de riz ASI, qui devient de plus en plus populaire dans plusieurs pays rizicoles africains, seront poursuivies efficacement pour fournir un programme de technologie aux paysans pauvres en ressources.

Les activités chercheront à améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources pour des systèmes de production de riz plus productifs, rentables et économiquement viables en ASS ainsi que développer des variétés tolérantes des stresses et des pratiques agronomiques mieux adaptées ou qui optimisent mieux les systèmes de production existant en ASS et qui sont acceptables à la fois pour les producteurs et les consommateurs.

Tandis que le développement de technologie au niveau du champ demeure le socle de l’augmentation de la compétitivité des systèmes à base riz, ces efforts ne seront pas effectifs s’ils ne sont pas combinés à une intégration plus grande des systèmes à base riz dans le marché du riz. Par exemple, le marché des intrants, surtout les marchés des semences et des engrais dans la plus part des pays d’Afrique de l’Ouest ne sont pas développés. « Une bonne semence et un bon engrais sont les principaux intrants qu’exige une production intensive du riz », a déclaré Dr Keya.

Renforcer les liens du marché exige la mise en oeuvre d’une approche détaillée depuis les champs des paysans jusqu’aux étapes de la transformation et de la vente en détail qui répond aux exigences des consommateurs en termes de qualité. Dr Keya a souligné que le Centre du riz pour l’Afrique et ses partenaires donneront une grande priorité à l’élaboration des stratégies pour le développement d’une filière riz compétitive en ASS à travers une meilleure compréhension des politiques rizicoles des dynamismes du marché et d’une évaluation systématique des impacts des changements techniques et institutionnels au sein de la filière riz.

Les retombées dans l’Afrique toute entière des innovations à base riz sont en train d’être stimulées à travers les réseaux comme ROCARIZ en Afrique de l’Ouest, ECARRN en Afrique de l’est et du centre, l’Initiative africaine sur le riz, le Consortium bas-fonds et INGER-Afrique. Ces réseaux servent de conduit à doubles voies pour les systèmes internationaux et nationaux de recherche et ont créé de remarquables synergies R&D. La stratégie à venir de recherche renforcera la capacité institutionnelle des systèmes nationaux de recherches agricoles et de vulgarization (SNRAV) en vulgarisant le modèle à succès de réseau du Centre à d’autres région productrices de riz d’Afrique.

Des efforts seront également faits pour toucher les zones au-delà de nos partenaires traditionnels de recherche pour nous assurer que la connaissance sur le riz et la technologie sont à jour et accessibles à un plus grand nombre d’opérateurs intéressés par le développement rizicole en Afrique: depuis les banques internationales de développement et les agences bilatérales en passant par les gouvernements et institutions de recherche jusqu’aux ONG locales et le secteur privé.

Des études seront faites pour explorer comment la riziculture peut devenir un bouclier nutritionnel dans la lutte contre l’impact des pandémies telles que le paludisme et le VIH/SIDA; les carences nutritionnelles vitales peuvent être comblées par la bio-fortification. La recherche se focalisera sur l’augmentation de la productivité rizicole tout en préservant le milieu et la biodiversité. Outre l’utilisation durable des ressources naturelles, les opportunités de culture-élevage et de rizi-pisciculture seront explorées davantage.

« C’est seulement à travers une telle approche globale, englobant science fondamentale, anciennes et nouvelles techniques de sélection, technologies intégrées d’agronomie et réformes des politiques, que la recherche peut être sûre de créer l’impact maximum sur les producteurs pauvres en ressources et la bourgeonnante population urbaine du continent africain », a conclu Dr Keya.

 

 
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