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Plan prévisionnel de la riziculture
en Afrique sub-saharienne
Le
riz est la source d’alimentation qui croît le plus
rapidement en Afrique et est inextricablement lié à
l’avenir du continent. La consommation du riz est
rapidement en train de remplacer les gros grains
traditionnels, principalement le sorgho et le mil. Des
études au Burkina Faso, par exemple, ont montré que le
tiers des ménages urbains les plus pauvres tire 35% de
ses calories à base céréalière du riz. Les achats du riz
représentent 45% de leurs dépenses en espèces sur les
céréales.
La situation est similaire dans plusieurs autres états
africains, démontrant du coup que la disponibilité et
les prix du riz sont devenus un déterminant majeur du
bien-être des segments les plus pauvres des
consommateurs qui sont les plus vulnérables dans la
sécurité alimentaire. Par conséquent, dans un avenir
immédiat, la sécurité alimentaire de l’Afrique dépendra
largement de la réalisation d’une augmentation durable
de la production rizicole locale.
La stratégie de recherche qu’il faut pour relever ce
défi
Le Centre du riz pour l’Afrique soutient fermement que
le développement agricole en ASS exige une mutation
radicale des approches traditionnelles et doit se baser
sur une compréhension profonde du milieu local et des
conditions socio-économiques. Son objectif est de
générer des technologies qui sont adaptées au milieu
africain sans modifier ce milieu pour l’adapter à la
technologie. La percée du NERICA prouve que
l’approche du Centre est juste.
Les NERICA se répandent très rapidement en Afrique de
l’Est où le riz est considéré plus comme une denrée
commerciale que culture vivrière en contraste avec
l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Le secteur privé est,
par conséquent, activement engagé dans la
commercialisation des NERICA (grains alimentaire et
secteurs semenciers).
Des variétés de NERICA pour les bas-fonds africains ont
été récemment développées en association avec les
partenaires nationaux du Centre. Etant donné le grand
potentiel des bas-fonds en Afrique, le nouveau riz—s’il
devient populaire chez les paysans comme il semble
susceptible d’être le cas, à en juger par la première
réaction à son égard—doit selon toute attente avoir un
impact encore plus grand que les NERICA de plateaux.
Pour l’écologie du riz irrigué, des variétés améliorées
ont été développées telles que Sahel 108, 201, 202, qui
couvrent 80% de la vallée du Fleuve Sénégal. Sahel 108
occupe plus de 70% de la zone sous riziculture en
Mauritanie où les rendements du riz ont augmenté de 2 t
par ha au début des années 80 à plus de 4 t en 2000.
« La prochaine stratégie de recherche rizicole bâtira
sur ces succès, se focalisant sur les trois principales
écologies rizicoles », a déclaré Dr Shellemiah Keya,
Directeur général adjoint, Recherche & Développement. La
sélection traditionnelle des plantes et les méthodes de
biotechnologies, complétées par l’informatique et la
génomique, en partenariat avec les Centres
internationaux et les Instituts de recherche avancés
comme l’IRRI et JIRCAS, seront utilisés pour développer
des variétés de riz à haut rendement, de bonne qualité,
résistant à plusieurs stresses et adaptées à toutes les
écologies de cultures du riz.
Des technologies complémentaires comme la gestion
intégrée des cultures, les approches participatives, les
instruments d’appui aux décisions et les technologies
post-récoltes telles que la batteuse de riz ASI, qui
devient de plus en plus populaire dans plusieurs pays
rizicoles africains, seront poursuivies efficacement
pour fournir un programme de technologie aux paysans
pauvres en ressources.
Les activités chercheront à améliorer l’efficacité de
l’utilisation des ressources pour des systèmes de
production de riz plus productifs, rentables et
économiquement viables en ASS ainsi que développer des
variétés tolérantes des stresses et des pratiques
agronomiques mieux adaptées ou qui optimisent mieux les
systèmes de production existant en ASS et qui sont
acceptables à la fois pour les producteurs et les
consommateurs.
Tandis que le développement de technologie au niveau du
champ demeure le socle de l’augmentation de la
compétitivité des systèmes à base riz, ces efforts ne
seront pas effectifs s’ils ne sont pas combinés à une
intégration plus grande des systèmes à base riz dans le
marché du riz. Par exemple, le marché des intrants,
surtout les marchés des semences et des engrais dans la
plus part des pays d’Afrique de l’Ouest ne sont pas
développés. « Une bonne semence et un bon engrais sont
les principaux intrants qu’exige une production
intensive du riz », a déclaré Dr Keya.
Renforcer les liens du marché exige la mise en oeuvre
d’une approche détaillée depuis les champs des paysans
jusqu’aux étapes de la transformation et de la vente en
détail qui répond aux exigences des consommateurs en
termes de qualité. Dr Keya a souligné que le Centre du
riz pour l’Afrique et ses partenaires donneront une
grande priorité à l’élaboration des stratégies pour le
développement d’une filière riz compétitive en ASS à
travers une meilleure compréhension des politiques
rizicoles des dynamismes du marché et d’une évaluation
systématique des impacts des changements techniques et
institutionnels au sein de la filière riz.
Les retombées dans l’Afrique toute entière des
innovations à base riz sont en train d’être stimulées à
travers les réseaux comme ROCARIZ en Afrique de l’Ouest,
ECARRN en Afrique de l’est et du centre, l’Initiative
africaine sur le riz, le Consortium bas-fonds et
INGER-Afrique. Ces réseaux servent de conduit à doubles
voies pour les systèmes internationaux et nationaux de
recherche et ont créé de remarquables synergies R&D. La
stratégie à venir de recherche renforcera la capacité
institutionnelle des systèmes nationaux de recherches
agricoles et de vulgarization (SNRAV) en vulgarisant le
modèle à succès de réseau du Centre à d’autres région
productrices de riz d’Afrique.
Des efforts seront également faits pour toucher les
zones au-delà de nos partenaires traditionnels de
recherche pour nous assurer que la connaissance sur le
riz et la technologie sont à jour et accessibles à un
plus grand nombre d’opérateurs intéressés par le
développement rizicole en Afrique: depuis les banques
internationales de développement et les agences
bilatérales en passant par les gouvernements et
institutions de recherche jusqu’aux ONG locales et le
secteur privé.
Des
études seront faites pour explorer comment la
riziculture peut devenir un bouclier nutritionnel dans
la lutte contre l’impact des pandémies telles que le
paludisme et le VIH/SIDA; les carences nutritionnelles
vitales peuvent être comblées par la bio-fortification.
La recherche se focalisera sur l’augmentation de la
productivité rizicole tout en préservant le milieu et la
biodiversité. Outre l’utilisation durable des ressources
naturelles, les opportunités de culture-élevage et de
rizi-pisciculture seront explorées davantage.
« C’est seulement à travers une telle approche globale,
englobant science fondamentale, anciennes et nouvelles
techniques de sélection, technologies intégrées
d’agronomie et réformes des politiques, que la recherche
peut être sûre de créer l’impact maximum sur les
producteurs pauvres en ressources et la bourgeonnante
population urbaine du continent africain », a conclu Dr
Keya.
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